Fiscalité et facturation du secondement roumain : guide PME

En bref : La fiscalité et la facturation du secondement de travailleurs roumains pour une PME française impliquent une facturation hors taxes (HT) par autoliquidation de la TVA, le respect des cotisations sociales du pays d’origine grâce au formulaire A1, et une déclaration rigoureuse pour rester en conformité avec l’URSSAF.

Points Clés à Retenir

  • Régime de TVA : Les prestations de service entre la Roumanie et la France sont facturées HT, avec autoliquidation de la TVA par la PME française.
  • Cotisations Sociales : Le travailleur détaché reste affilié à la sécurité sociale roumaine (formulaire A1), optimisant les coûts pour l’employeur.
  • Obligations Déclaratives : La déclaration préalable de détachement (SIPSI) est obligatoire avant le début de la mission.
  • Facturation Transparente : Une facture détaillée doit inclure le coût de la main-d’œuvre, les frais de gestion, et les indemnités, sans TVA.
  • Risques de Non-Conformité : Le non-respect des règles peut entraîner des redressements de l’URSSAF, des amendes pour travail dissimulé et des sanctions pénales.
  • Partenaire Spécialisé : Collaborer avec une agence comme Horizon Interim sécurise l’ensemble du processus, de la sélection du personnel à la conformité administrative et fiscale.

Vous êtes une PME française et vous faites face à des difficultés de recrutement ? Vos projets prennent du retard et vos coûts augmentent à cause d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée ? Le secondement de travailleurs roumains est une solution stratégique, mais la complexité apparente de la fiscalité et de la facturation du secondement roumain pour PME peut sembler décourageante. Ce guide complet est conçu pour démystifier chaque étape, vous fournir des réponses claires et vous permettre d’avancer avec confiance.

Le recours à des travailleurs détachés roumains est une pratique de plus en plus courante pour les entreprises françaises cherchant à allier flexibilité, compétence et optimisation des coûts. Cependant, pour en tirer tous les bénéfices sans s’exposer à des risques juridiques et fiscaux, une compréhension approfondie des mécanismes est indispensable. De la TVA à la gestion des cotisations sociales, en passant par la structuration des factures, nous allons tout vous expliquer.

Le secondement, ou détachement de travailleurs, est un dispositif encadré par la législation européenne qui permet à une entreprise (ici, une PME française) de faire appel aux salariés d’une entreprise établie dans un autre État membre de l’UE (la Roumanie). Le travailleur détaché vient effectuer une mission temporaire en France, mais son contrat de travail initial avec l’entreprise roumaine est maintenu. Cette spécificité est la clé de voûte de tout le système, notamment en matière de sécurité sociale.

Les Principes Fondamentaux du Détachement

Le détachement repose sur trois acteurs :

  1. L’entreprise d’origine (par exemple, une agence d’intérim comme Horizon Interim) qui emploie le salarié en Roumanie.
  2. Le travailleur détaché, qui conserve son contrat roumain.
  3. L’entreprise utilisatrice en France (votre PME) qui accueille le travailleur pour une mission définie.

La directive européenne 96/71/CE (révisée par la directive 2018/957) établit un « noyau dur » de règles du droit du travail français qui doivent impérativement s’appliquer au travailleur détaché. Cela inclut le SMIC, les durées de travail, les congés payés, la sécurité et la santé au travail. Cependant, pour les cotisations sociales, le principe est celui du maintien au régime du pays d’origine, à condition que certaines formalités soient respectées.

Le Rôle Central du Formulaire A1

Le document essentiel qui prouve l’affiliation du travailleur à la sécurité sociale roumaine est le formulaire A1 (anciennement E101). Ce certificat est délivré par l’institution compétente en Roumanie.

Il atteste que le salarié est en règle avec ses cotisations sociales dans son pays et qu’il n’a donc pas à être affilié au régime français pendant sa mission.

Pour l’entreprise française, la présentation de ce document est une protection capitale contre tout risque de requalification et de redressement par l’URSSAF, qui peut mener des contrôles stricts sur les chantiers.

C’est là qu’un partenaire fiable devient indispensable. Une agence spécialisée assure que chaque travailleur roumain a un formulaire A1 valide avant son arrivée. Cela garantit une conformité totale dès le premier jour.

Fiscalité du Secondement : Maîtriser la TVA et les Impôts

La gestion de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) est l’un des aspects les plus importants de la facturation d’une prestation de service intracommunautaire. Une erreur à ce niveau peut coûter cher. Heureusement, le mécanisme est standardisé au sein de l’Union Européenne. Il s’agit d’une question centrale pour la fiscalité et la facturation du secondement roumain pour PME, qu’il faut absolument maîtriser.

L’Autoliquidation de la TVA : Comment ça Marche ?

Lorsqu’une PME française reçoit une facture d’une entreprise roumaine pour une prestation de service (le secondement de personnel), cette facture doit être émise Hors Taxes (HT). Le principe appliqué est celui de l’autoliquidation de la TVA.

Concrètement, cela signifie que c’est à l’entreprise cliente française de calculer et de déclarer la TVA correspondante en France. L’opération est généralement neutre pour les entreprises qui ont un droit à déduction complet de la TVA.

Voici le processus :

  1. L’agence roumaine émet une facture sans TVA, en mentionnant « Autoliquidation par le preneur » et les numéros de TVA intracommunautaires des deux entreprises.
  2. Votre PME, en recevant la facture, calcule la TVA française au taux normal (20% pour la plupart des prestations de services).
  3. Sur votre déclaration de TVA (formulaire CA3), vous déclarez ce montant à la fois comme TVA collectée et comme TVA déductible.

Exemple : Pour une facture de 10 000 € HT, vous déclarez 2 000 € de TVA collectée et 2 000 € de TVA déductible. L’impact sur votre trésorerie est nul.

Cette procédure simplifie les échanges et évite à l’entreprise roumaine d’avoir à s’immatriculer à la TVA en France. Pour en savoir plus sur les détails pratiques, notre guide sur comment facturer le secondement d’ouvriers roumains en France offre des exemples concrets.

fiscalité facturation secondement roumain pour pme - Infographie sur l'autoliquidation TVA, secondement roumain et fiscalité PME.
Infographie sur l’autoliquidation TVA, secondement roumain et fiscalité PME.

Impôt sur les sociétés et retenue à la source

En principe, la prestation de service fournie par l’agence roumaine n’est pas soumise à une retenue à la source en France au titre de l’impôt sur les sociétés. Les bénéfices de l’entreprise roumaine sont imposables en Roumanie, conformément aux conventions fiscales internationales visant à éviter la double imposition. Votre PME paie simplement la facture HT émise par votre partenaire, sans avoir à effectuer de prélèvement pour le compte du fisc français.

La Facturation Détaillée : Clé de la Transparence et de la Conformité

Une facture claire et complète est votre meilleure alliée pour la gestion comptable et pour justifier de la nature de la prestation en cas de contrôle. Une facture de secondement doit distinguer les différents postes de coûts. Cela offre transparence et facilite la vérification de conformité.

Les Éléments Essentiels d’une Facture de Secondement

Pour être conforme, la facture émise par le partenaire roumain doit comporter plusieurs mentions obligatoires :

  • Identités complètes : Raison sociale, adresse et numéro de TVA intracommunautaire de l’émetteur (agence roumaine) et du client (votre PME).
  • Numéro et date de la facture.
  • Description de la prestation : « Mise à disposition de personnel » ou « Secondement de [nombre] [poste, ex: maçons qualifiés] » pour la période concernée.
  • Montant total Hors Taxes (HT).
  • Mention de l’autoliquidation : Une phrase telle que « Autoliquidation de la TVA par le preneur – Article 283-2 du CGI » ou « Reverse charge mechanism ».

Détailler les Coûts pour une Meilleure Visibilité

Au-delà des mentions légales, une bonne pratique est de structurer la facture pour refléter les coûts réels. Cela démontre que la facturation n’est pas forfaitaire mais bien basée sur les coûts engagés, un point important pour l’URSSAF.

Une facturation transparente n’est pas seulement une obligation, c’est un gage de confiance. Elle prouve que vous payez un service basé sur des coûts réels et non un prix déguisé pour du travail illégal. En cas de contrôle, une facture bien détaillée est votre premier rempart.

Voici une structure type :

1. **Coût de la main-d’œuvre :** Basé sur le salaire brut roumain, les charges sociales patronales roumaines (prouvées par le formulaire A1) et les avantages conventionnels.2. **Indemnités de détachement :** Celles-ci couvrent les frais supplémentaires liés à la mission en France. Savoir comment facturer les indemnités de déplacement des ouvriers roumains est crucial. Ces indemnités (transport, logement, nourriture) ne sont pas soumises à cotisations sociales sous certaines conditions et plafonds.3. **Frais de gestion :** C’est la marge de l’agence de détachement, qui couvre ses services (recrutement, gestion administrative, suivi, etc.).

Cette décomposition permet de justifier le coût réel du secondement d’ouvriers roumains en France et de prouver que le salaire minimum français (SMIC ou minimum conventionnel) est bien respecté une fois tous les éléments de rémunération pris en compte.

Les Obligations Déclaratives en France : SIPSI et Plus Encore

La conformité du secondement ne s’arrête pas à la facturation. L’entreprise utilisatrice française a des obligations déclaratives strictes, dont le non-respect est lourdement sanctionné. Ces démarches visent à informer l’administration française de la présence de travailleurs détachés sur son sol et à garantir que leurs droits sont respectés.

La Déclaration Préalable de Détachement (SIPSI)

Avant même le début de la mission de tout travailleur détaché roumain, l’entreprise qui le détache (ou son mandataire en France) doit effectuer une déclaration préalable de détachement via le portail en ligne « SIPSI » du Ministère du Travail. Cette déclaration est cruciale.

Elle contient des informations sur :

  • L’entreprise utilisatrice en France.
  • L’entreprise qui détache le salarié.
  • Le salarié lui-même (identité, adresse en France).
  • Les détails de la mission (lieu, dates, horaires, nature du travail).
  • La rémunération et les conditions d’hébergement.

En tant que PME cliente, vous avez une obligation de vigilance. Vous devez vérifier que cette déclaration a bien été effectuée par votre prestataire. Demandez systématiquement une copie de l’accusé de réception de la déclaration SIPSI pour chaque salarié détaché sur votre site. En cas d’absence de déclaration, votre entreprise peut être tenue pour solidairement responsable.

La Carte BTP pour les Chantiers

Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, une obligation supplémentaire s’ajoute : la Carte d’Identification Professionnelle (Carte BTP). Tout salarié travaillant sur un chantier, y compris un travailleur détaché, doit en être titulaire. La demande est faite par l’entreprise qui détache le salarié, mais là encore, l’entreprise utilisatrice doit s’assurer que les travailleurs en sont bien pourvus avant leur accès au chantier. C’est un outil de lutte contre le travail illégal très surveillé par l’inspection du travail.

Chef de chantier vérifiant documents de conformité sur un site.
Chef de chantier vérifiant documents de conformité sur un site.

Sécurité Juridique et Maîtrise des Risques : Protégez Votre PME

Le secondement de main-d’œuvre est une formidable opportunité, mais il comporte des risques si les règles ne sont pas scrupuleusement suivies. La principale menace pour une PME française est le risque de redressement par l’URSSAF, qui peut requalifier la situation et réclamer le paiement des cotisations sociales françaises, majorées de pénalités. Une bonne compréhension des pièges à éviter est essentielle.

Le Risque de Requalification et de Redressement URSSAF

L’URSSAF peut contester la validité du détachement si elle estime que les conditions ne sont pas remplies. Les principaux motifs de redressement sont :

  • Absence de formulaire A1 valide : Sans ce document, le salarié est présumé devoir être affilié en France.
  • Activité non significative de l’entreprise en Roumanie : Si l’entreprise qui détache n’a pas d’activité réelle dans son pays (pas de bureaux, pas d’autres salariés locaux, etc.), elle peut être considérée comme une « société boîte aux lettres » créée uniquement pour faire du détachement à bas coût. C’est un montage frauduleux.
  • Dépassement de la durée du détachement : Le détachement est par nature temporaire (généralement jusqu’à 24 mois). Au-delà, des solutions comme l’expatriation ou l’embauche directe doivent être envisagées. Il est possible de transformer un détachement roumain en embauche pour sécuriser la relation de travail à long terme.
  • Délit de marchandage et prêt de main-d’œuvre illicite : Si la facturation est purement forfaitaire et ne correspond pas à des coûts réels, ou si le seul but de l’opération est de contourner la loi, le risque est très élevé.

Comment Choisir le Bon Partenaire pour Éviter les Pièges ?

Face à ces risques, la sélection de votre agence partenaire est la décision la plus importante que vous prendrez. Un prestataire sérieux et expérimenté comme Horizon Interim ne se contente pas de trouver de la main-d’œuvre. Il agit comme un véritable garant de votre sécurité juridique.

Ne choisissez pas un partenaire sur le seul critère du prix. Un tarif anormalement bas cache souvent des irrégularités qui vous coûteront bien plus cher à long terme. La conformité a un prix, mais le non-respect a un coût exorbitant.

Voici les critères pour évaluer un partenaire potentiel :

1. **Transparence totale :** Il doit être capable de vous expliquer en détail sa structure de coûts et de vous fournir tous les documents nécessaires (contrats, fiches de paie roumaines anonymisées, preuves de paiement des charges en Roumanie).2. **Expertise avérée :** Il connaît parfaitement les législations roumaine et française, ainsi que les conventions bilatérales.3. **Gestion administrative rigoureuse :** Il prend en charge

La Législation Roumaine Simplifiée : Ce Que Vous Devez Savoir

Les bases du détachement sont européennes, mais chaque État membre adapte et précise les modalités. Pour la Roumanie, comprendre le cadre local est une sécurité supplémentaire, garantissant que votre partenaire roumain opère en toute légalité et que les travailleurs sont correctement employés. Le Code du Travail roumain, la Législation sur le détachement transnational de travailleurs, ainsi que les lois sur la sécurité sociale sont les piliers.

Documents Clés pour un Détachement Conforme

La conformité légale repose sur un ensemble de documents rigoureux. Votre PME ne les gère pas directement, mais doit s’assurer que son partenaire roumain les fournit et les maintient à jour.

* **Contrat de travail roumain (Contractul Individual de Muncă – CIM)** : Chaque travailleur détaché doit posséder un contrat de travail en bonne et due forme avec l’entreprise roumaine. Ce contrat doit être enregistré auprès de l’Inspecteur Territorial du Travail (ITM) roumain et doit définir clairement la nature de l’emploi, la durée, le salaire et les conditions de travail en Roumanie avant le détachement. Il est la preuve fondamentale de l’existence d’un lien d’emploi stable en Roumanie.
* **Attestation A1** : Comme mentionné, ce document est la pierre angulaire de la sécurité sociale. Il est délivré par la Caisse Nationale de Pensions Publiques de Roumanie (Casa Națională de Pensii Publice – CNPP) et certifie que le travailleur est affilié au régime de sécurité sociale roumain et qu’il n’a pas à cotiser en France. Sans l’A1, le risque de redressement URSSAF est majeur.
* **Notification de détachement** : L’entreprise roumaine doit notifier le détachement du travailleur aux autorités roumaines compétentes (souvent l’ITM) avant le départ en mission. Cette notification comprend des informations sur le travailleur, l’entreprise utilisatrice en France, la durée et les conditions de la mission.
* **Contrat de prestation de services ou convention de mise à disposition** : Ce document lie votre PME à l’entreprise roumaine. Il doit détailler les termes de la mission, les services fournis, le coût, les responsabilités de chaque partie, et mentionner explicitement le détachement de personnel. C’est le contrat commercial qui formalise votre collaboration.
* **Justificatifs de paiement des cotisations sociales et impôts en Roumanie** : Bien que ce soit la responsabilité de l’entreprise roumaine, il est prudent de demander des preuves régulières du respect de ces obligations. Cela renforce la diligence raisonnable de votre PME et limite les risques de sous-traitance illicite.

Un partenaire spécialisé sera votre garant de la validité et de l’actualité de tous ces documents.

La Facturation Détaillée : Clé de la Transparence et de la Conformité

La clarté de la facturation est essentielle pour une gestion sereine. Au-delà de la simple mention « HT – autoliquidation », une facture doit être un reflet précis et transparent des services rendus.

Éléments Indispensables d’une Facture Conforme

Pour que votre PME puisse autoliquider la TVA correctement et justifier ses coûts en cas de contrôle, la facture de votre partenaire roumain doit inclure les informations suivantes :

* **Identité complète des parties** : Nom, adresse et numéro d’identification fiscale (SIREN/VAT) de l’entreprise roumaine (prestataire) et de votre PME française (client).
* **Numéro d’identification à la TVA intracommunautaire** : Indispensable pour les deux entités afin de justifier l’application de l’autoliquidation.
* **Date d’émission de la facture et numéro unique** : Chaque facture doit avoir un numéro séquentiel et unique.
* **Description précise des services** : Il ne s’agit pas juste de « prestation de services ». La facture doit détailler le type de prestation (ex: « Mise à disposition de personnel qualifié pour des travaux de [métier] »), la période couverte, le nombre d’heures ou de jours travaillés par personne, le taux horaire ou journalier convenu.
* **Identification des travailleurs détachés** : Il est recommandé de mentionner les noms des travailleurs détachés et/ou leurs numéros A1, pour lier la prestation aux documents de détachement.
* **Montant unitaire et total Hors Taxes (HT)** : Le coût de la main-d’œuvre, les frais de gestion, les éventuelles indemnités de déplacement ou de séjour doivent être clairement ventilés.
* **Mention de l’autoliquidation de la TVA** : La phrase « Autoliquidation par le preneur » ou « Reverse charge » doit être clairement indiquée, ainsi que la référence aux articles pertinents de la législation fiscale (ex: Article 196 de la Directive TVA).
* **Devise et modalités de paiement** : La devise de la facture (généralement l’euro) et les conditions de paiement (délai, mode de virement).

**Exemple de structure de facture simplifiée :**

| **Prestataire** | **Client** |
| :————– | :——— |
| Horizon Interim S.R.L. | [Votre PME] |
| Str. Exemplu, Nr. 123 | [Adresse de votre PME] |
| 123456 Bucarest, Roumanie | [Code Postal, Ville, France] |
| RO1234567890 (TVA Intracommunautaire) | FR9876543210 (TVA Intracommunautaire) |

| **Facture N°** | **Date** |
| :———— | :——- |
| HI-2024-001 | 15/03/2024 |

| **Description de la prestation** | **Quantité** | **Prix Unitaire HT** | **Montant HT** |
| :—————————— | :———– | :—————— | :————– |
| Mise à disposition de 2 électriciens qualifiés (réf. A1 : DUPONT J. / DURAND P.) pour chantier [Nom du chantier], du 01/03 au 15/03/2024 (10 jours ouvrés / personne) | 20 jours | 250 € | 5 000 € |
| Frais de gestion et de suivi (10%) | – | – | 500 € |
| **Sous-total HT** | | | **5 500 €** |
| TVA | | | 0 € |
| **Mention spéciale** : Autoliquidation par le preneur (art. 196 Directive 2006/112/CE) | | | |
| **Total à payer** | | | **5 500 €** |

Cette granularité est la meilleure défense contre les incertitudes fiscales et administratives.

Incidence sur la Comptabilité de Votre PME

La facture reçue de Roumanie (HT) doit être enregistrée dans votre comptabilité française. Lors de l’autoliquidation, vous devrez :

1. **Collecter la TVA** : Enregistrer la TVA due sur la facture comme une TVA collectée (compte 4457).
2. **Déduire la TVA** : Simultanément, enregistrer cette même TVA comme une TVA déductible (compte 4456) si votre PME est assujettie et dispose d’un droit à déduction complet.

L’opération est neutre pour la trésorerie si vous êtes en droit de déduire intégralement la TVA. Elle apparaît dans votre déclaration de TVA (CA3 ou CA12) : le montant HT de la prestation est à reporter dans la ligne dédiée aux acquisitions intracommunautaires (souvent ligne 03), et le montant de TVA correspondant dans les lignes de TVA collectée et déductible.

Les Obligations Déclaratives en France : SIPSI et Plus Encore

La conformité ne s’arrête pas à la facture. En tant qu’entreprise utilisatrice, votre PME a des obligations déclaratives spécifiques en France.

Le Rôle Crucial de SIPSI

La plateforme SIPSI (Système d’Information sur les Prestations de Services Internationales) est le portail unique et obligatoire pour déclarer le détachement de travailleurs en France.

* **Qui déclare ?** C’est l’entreprise roumaine qui détache les salariés qui doit effectuer cette déclaration en ligne.
* **Quand ?** Avant le début de la mission. Une déclaration par travailleur et par mission.
* **Quelles informations ?** Le numéro SIRET de votre PME, les coordonnées de l’entreprise roumaine, les informations d’identité des travailleurs, la durée et le lieu de la mission, les coordonnées d’un représentant en France, le salaire et les conditions de travail appliqués, ainsi que la garantie de respect du « noyau dur » du droit du travail français.

Votre PME doit s’assurer que cette déclaration est faite. Demandez une copie de l’accusé de réception SIPSI à votre partenaire roumain. L’absence de déclaration ou une déclaration non conforme peut entraîner des amendes significatives pour l’entreprise donneuse d’ordre (votre PME).

Autres Obligations et Précautions

* **Registre unique du personnel** : Les travailleurs détachés doivent être mentionnés dans un registre spécial de votre PME, même s’ils ne sont pas vos salariés directs. Ce registre doit être tenu à jour.
* **Mise à disposition des documents** : En cas de contrôle (ex: inspection du travail, URSSAF), vous devez être en mesure de présenter immédiatement les documents clés : copies des contrats, attestations A1, déclarations SIPSI, et le contrat de prestation avec l’entreprise roumaine.
* **Vigilance sur le droit du travail applicable** : Bien que les cotisations sociales soient roumaines, le « noyau dur » du droit du travail français (salaire minimum, durée du travail, hygiène et sécurité, etc.) doit être respecté. Assurez-vous que votre partenaire roumain en tient compte dans la rémunération et les conditions de travail de ses salariés détachés. Un écart peut entraîner une requalification et des sanctions.
* **Sous-traitance et vigilance** : Si la prestation fait partie d’une chaîne de sous-traitance, votre PME, en tant que donneur d’ordre, a une obligation de vigilance accrue, notamment concernant le paiement des cotisations sociales et les obligations déclaratives de l’entreprise roumaine.

En somme, une gestion proactive et un suivi rigoureux des obligations déclaratives sont primordiaux pour une utilisation sereine et conforme du secondement de travailleurs roumains.

H2 : La Législation Roumaine Simplifiée : Ce Que Vous Devez Savoir

Documents Clés et Formalités Indispensables

Au-delà de l’attestation A1, d’autres documents sont cruciaux pour assurer la conformité du détachement. L’entreprise roumaine doit fournir un contrat de travail en bonne et due forme pour chaque salarié, conforme à la législation roumaine, mais incluant également les mentions spécifiques relatives au détachement en France (lieu de mission, durée, rémunération). Pour la PME française utilisatrice, une déclaration préalable de détachement doit être effectuée via la plateforme SIPSI (Système d’Information sur les Prestations de Services Internationales) avant le début de la mission. Cette déclaration doit inclure des informations détaillées sur le travailleur, l’entreprise d’origine, la durée et le lieu de la mission, ainsi que les coordonnées d’un représentant en France.

Pièges Légaux à Éviter pour les PME

De nombreuses PME tombent dans des pièges qui peuvent entraîner de lourdes sanctions. Un oubli fréquent est la vérification du numéro d’identification TVA intracommunautaire de l’entreprise roumaine. Sans un numéro valide, l’autoliquidation de la TVA pourrait être remise en question. Un autre écueil courant est la non-conformité avec les « conditions de travail et d’emploi » du droit français (SMIC, temps de travail, etc.). Même si le contrat est roumain, les conditions d’exécution du travail en France doivent respecter les normes françaises. Par exemple, si le SMIC français est supérieur au salaire roumain, le travailleur détaché doit percevoir au minimum le SMIC français. Ne pas respecter ces règles expose à des redressements de l’URSSAF et des amendes significatives. Il est également impératif de conserver tous les documents (contrats, A1, fiches de paie, déclarations SIPSI) pendant au moins 5 ans en cas de contrôle.

Foire aux questions : Fiscalité et facturation du secondement roumain pour PME

Quels sont les principaux aspects fiscaux à considérer lors du secondement d’un employé en Roumanie ?

Il faut vérifier le statut de résident fiscal de l’employé et les conventions fiscales entre la France et la Roumanie pour éviter la double imposition. Les cotisations sociales et impôts sur le revenu devront être gérés en fonction de la durée du détachement et de la législation applicable.

Comment doit être structurée une facture pour un salarié détaché en Roumanie ?

La facture doit clairement indiquer la nature des services fournis, le nom et l’adresse des deux entreprises, le montant hors taxes, le taux de TVA applicable (qui peut varier selon la prestation et le lieu de taxation) ainsi que les informations légales des deux parties.

Quand est-il nécessaire d’appliquer la TVA roumaine sur la facturation du secondement ?

L’application de la TVA dépend principalement du lieu où le service est considéré comme effectué et du statut de la personne accueillant le salarié. En général, si le salarié est mis à disposition d’une entreprise roumaine, la TVA roumaine sera applicable, mais des règles spécifiques existent.

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